Discours du jumelage SJPA / CEM de Malem-Hodar
Article mis en ligne le 15 mai 2009
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Discours de Monsieur Christian Degraeve, directeur de Saint-Julien-Parnasse

Cérémonie de jumelage entre l’Institut et le CEM de Malem-Hodar (Sénéga).

Lundi 27 avril 2009.

Messieurs les représentants du Pouvoir Organisateur,

Monsieur le représentant de l’Ambassade du Sénégal,

Cher collègue Monsieur Maurice Sarr,

Chers amis et collègues du Sénégal et de Belgique,

Nous terminons une semaine exceptionnelle, qui marquera à jamais l’histoire de l’Institut Saint-Julien-Parnasse.

Je ne pouvais imaginer, il y a trois ans, lorsque des professeurs d’ici sont venus me trouver pour parler de leur projet, que nous allions au devant d’une série d’événements d’une telle richesse.
Passe encore que l’on réussisse un échange dans le sens nord sud, le remarquable allait suivre sous la forme, cette fois, d’un échange sud nord, malgré toutes les entraves et difficultés qui pouvaient exister.

Grâce à un groupe de professeurs particulièrement motivés, l’échange fut parfaitement réussi et spécialement interpellant pour l’ensemble des acteurs.

Jamais, et je n’ai pas peur d’être contredit, un projet n’a été aussi porteur pour notre communauté.

La Congrégation des Sœurs de la Charité y retrouvait son esprit missionnaire et nous a révélé son sens de l’accueil.

Le Pouvoir Organisateur s’est préoccupé du sujet et a voulu faire un geste susceptible d’aider nos amis sénégalais.

Les sections primaire et secondaire ont collaboré, jusqu’à organiser une journée pédagogique commune, fait unique de mémoire d’enseignants de Saint-Julien.

Nos élèves ont répondu massivement à nos attentes et leurs parents n’ont pas laissé nos appels sans réponse.

Chers amis sénégalais, vos conditions matérielles nous ont interpellés, bien entendu et heureusement. Comment rester insensible face à de telles différences, indécentes sans doute, injustes sûrement… ?
Pourrions-nous accepter avec la philosophie qui nous anime que l’activité humaine génère de telles discordances et dysfonctionnements ?

Tragiquement notre monde change, l’évolution est de plus en plus rapide mais ce que l’on écrivait sur l’Afrique il y a 30 ans, ressemble furieusement à ce que vous en dites aujourd’hui… Pourtant, dans les années septante, on était certain que l’on réussirait à changer le monde. Au mieux, la situation n’est pas plus grave qu’alors.
Très modestement nous tentons d’apporter une goutte d’eau à la correction de la situation.

Et si nous avons pu aider un peu l’école de Malem, ce n’était pas pour nous dédouaner, avoir bonne conscience ou faire le bien, mais parce que ce devrait être le devoir des gens du nord qui disposent de tout, sans être jamais rassasiés en oubliant que notre richesse se nourrit aussi de l’exploitation et du maintien d’une grande partie de notre planète dans la pauvreté.

A quand une répartition équitable ou plus équitable de la croissance ?
Un absent dans nos débats de cette semaine, l’armement, les dépenses en armement.

A l’époque "Peace and Love", on chiffrait l’impact sur le développement de la planète d’une réduction des dépenses dans le domaine militaire. Les résultats étaient étonnants… Sida oblige peut-être, love a pris du plomb dans l’aile et le chant du canon est plus présent que jamais… au nord comme au sud !

En utilisant l’alibi de la thématique de la migration, nous avons permis à deux groupes d’Hommes de se rencontrer, de se découvrir. Nous exerçons le même métier, rencontrons les mêmes frustrations, poursuivons les mêmes objectifs de formation.

Loin de certains clichés paternalistes ou préjugés, nous avons réussi à nous écouter, nous comprendre, nous faire évoluer.
A travers nos échanges, vous nous avez permis de sortir par le haut de nos petits problèmes, de nos mesquineries parfois de notre manque d’ouverture souvent pour retrouver le sens de certaines valeurs fondamentales comme la solidarité, la fraternité, la convivialité et le respect de la différence.

L’image pour nos élèves est tout aussi exceptionnelle, dans une ville multiraciales et culturelles comme Bruxelles, nous avons montré à nos jeunes que l’on pouvait collaborer, s’apprécier et s’apporter mutuellement au travers de nos différences, des possibilités d’avancer.

On appréciera également combien nos élèves peuvent être différents lorsqu’on les implique dans des projets porteurs.

Merci à vous et que notre jumelage soit la suite et le début d’une longue histoire entre nos communautés.

Je vous remercie !

C. DEGRAEVE.

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