2012 - 2013 : Labo "moisissures roses"
Article mis en ligne le 15 janvier 2013

par Jean-Paul Sprumont
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Le programme de la section biotechnique comporte un certain nombre d’heures de laboratoire. Cette année, pour les cinquièmes et sixièmes, la microbiologie est à l’honneur. En voici un petit exemple.

A l’automne, sur la face inférieure des feuilles de certains arbres (tous ne sont pas aussi accueillants), se développent des moisissures roses. Celles-ci sont d’autant plus abondantes que l’air est peu pollué, surtout en composés sulfurés. Le but de l’opération est de mettre ces moisissures en culture afin d’en faire une analyse quantitative.

La première chose à faire, c’est de déterminer les bonnes espèces d’arbres. La séquence de séances de laboratoire commence donc par une sortie de terrain au cours de laquelle chaque étudiant a l’occasion de se familiariser avec une clé de détermination. Ainsi armés, ils vont pouvoir aller récolter près de chez eux des feuilles d’arbres, normalement de 6 arbres différents dispersés sur une surface d’un kilomètre carré.

Ramenées au labo, ces feuilles vont subir quelques traitements. Tout d’abord, il va falloir préparer le milieu de culture et le couler dans des boites de Petri, tout ceci en respectant au mieux les règles de travail en conditions stériles.

Ensuite, pendant que le milieu refroidit et se fige, il faut découper à l’emporte-pièce 8 rondelles dans chaque feuille, et les coller sur la face inférieure du couvercle de la boîte à l’aide d’un point de vaseline :

On ferme alors la boîte à l’aide de papier collant, on les retourne de sorte que les spores des moisissures puissent tomber sur le milieu de culture. Après un temps défini, on retourne à nouveau les boîtes et on attend une semaine avant de se livrer au comptage des colonies - des petites taches roses - qui se sont développées en-dessous de chaque rondelle de feuille.


Les piles de boîtes, regroupées par site


Les mêmes, étalées


On se penche sur la question... Comptons les colonies !


Une boîte vue de près

Après cela, il reste tout un traitement mathématique à réaliser, avec des calculs de moyenne, d’intervalle de confiance,... pour arriver finalement à tirer la conclusion : l’air présent dans le site de prélèvement est-il de bonne ou de mauvaise qualité ? Voici un exemple de feuille de traitement des données :

Et la conclusion de tout cela ? Et bien, personne ne sera vraiment surpris d’apprendre que la qualité de l’air à Bruxelles est généralement médiocre, même dans les espaces verts (où c’est moins médiocre). Un résultat nous a tout de même fortement surpris : les échantillons venant du jardin botanique de Meise montraient un air de qualité carrément mauvais. L’analyse de la carte de répartition nous a toutefois rapidement donné une explication :tous les arbres se situaient le long d’une route à grande circulation. Avec des prélèvements plus dispersés dans le jardin, les résultats auraient probablement montré une meilleure qualité de l’air.

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